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Islamophobie en Isère : dix mois avec sursis pour un ancien élu

Les actes islamophobes devant les lieux de culte continuent d’interpeller la justice française. Lorsqu’un responsable politique local franchit la ligne rouge, les sanctions tombent avec fermeté. L’affaire qui vient d’être jugée illustre la détermination des tribunaux face aux provocations à caractère discriminatoire.

Une peine exemplaire pour des actes répétés

La justice a tranché : Franck Sinisi, ancien conseiller municipal d’extrême droite de Fontaine, écope de dix mois d’emprisonnement avec sursis. Cette sanction s’accompagne d’une période d’inéligibilité de cinq ans, mettant ainsi un terme à toute ambition politique immédiate.

Le tribunal a également imposé plusieurs obligations strictes : un travail à exercer, un suivi médical à respecter, ainsi qu’une interdiction formelle de se présenter aux abords du lieu de culte visé. Ces mesures visent à prévenir toute récidive.

Des preuves scientifiques accablantes

Les faits reprochés remontent à septembre dernier. Des os de porc et du saucisson avaient été déposés devant une mosquée située en Isère, accompagnés de tags injurieux sur les vitres de l’édifice religieux.

L’enquête a permis de confondre l’auteur grâce à une preuve irréfutable : son ADN a été retrouvé sur l’un des os abandonnés sur place. Les inscriptions « Charlie Martel 732, islam dehors » avaient également été barbouillées sur le bâtiment.

Une récidive qui aggrave le cas

Ce n’est pas la première fois que Franck Sinisi comparaît pour des faits similaires. En 2017 et 2019, il avait déjà été condamné pour provocation publique à la discrimination en raison des origines, notamment pour des commentaires visant les personnes d’origine roms.

Cette répétition d’infractions a conduit le tribunal à retenir la qualification de récidive, aggravant ainsi la peine prononcée.

Des excuses nuancées devant le tribunal

Lors de l’audience, l’ancien élu a présenté ses excuses à la communauté musulmane. Toutefois, il a tenu à préciser sa position : « Je suis contre l’islamisation de la France, c’est deux choses différentes », a-t-il déclaré.

Cette distinction n’a pas convaincu le parquet. Le procureur de Grenoble, Étienne Manteaux, a rappelé en janvier dernier que des messages haineux continuaient d’être publiés sur les réseaux sociaux de Franck Sinisi en 2024 et 2025.

Le soulagement de la communauté visée

Gharib Achour-Talet, président de l’Association Cultuelle des Musulmans de Fontaine, a accueilli le verdict avec satisfaction. « Justice est faite », a-t-il simplement commenté après l’annonce du jugement.

Cette décision judiciaire envoie un signal clair : les actes de provocation à la haine devant les lieux de culte ne resteront pas impunis, particulièrement lorsqu’ils émanent de personnes ayant exercé des responsabilités publiques.

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